Cap Avenir Concorde

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Paris-New York en Concorde : Le temps pris de vitesse

Posted by Association Cap Avenir Concorde sur 2 mars 2013

Revue Destination Affaires – Janvier/Février 1993

Paris-New York en Concorde : Le temps pris de vitesse

Article de Dimitri Friedman

Gagner du temps sur le temps ? Une nécessité pour un homme d’affaires. Sur la ligne Paris-New York, Air France vous offre la possibilité de prendre l’horloge de vitesse. Via Concorde.

Concorde, l’efficacité d’un rêve.

Entre rêve et efficacité, les atouts du Concorde sont immédiatement incarnés. Vitesse firts.

A peine une secousse due à la gestion du carburant sous nos pieds, équilibrage et transferts des liquides obligent, et le machmètre affiche déjà Mach 1. Nous sommes en l’air depuis 15 minutes et nous laissons déjà le Havre derrière nous.

N’était la formidable poussée du décollage (360 km/h en 30 secondes), ou son profil caréné comme un oiseau de proie entrevu à travers la vitre du salon Concorde de Roissy, l’avion de légende ne se signale pas par ce florilège d’ostentation cher aux long-courriers. Point de double-decks, de sièges-jumbo, de gadgets grande consommation à cristaux liquides dans le style rayon vidéo d’un supermarché volant. D’ailleurs pour le film c’est un peu court, nous atteindrons New York en 3h45.

Non. La première idée qui vient à l’esprit avec Concorde, c’est « austérité“. Cette austérité qui n’affiche rien, sauf la vitesse, en recèle tous les trésors – électroniques et de conception dans son fuselage. Bref, c’est le vrai luxe, discret et efficace.

Des dithyrambes, Concorde en provoque, même si c’est un long couloir (l’avion fait 62 mètres)). Car l’attente inhérente aux voyages est la plus courte qui puisse se faire, même si se mouvoir – 25 rangées de 4 sièges séparées par une allée centrale-quand l’avion est plein peut poser des problèmes. Qu’importe l’ergonomie – 2m50 de large- le service est un parangon de familiarité discrète, d’efficacité et de bon goût. La “French Touch » telle que l’affectionnent les américains (43% de la clientèle à 80% masculine), et tous les passagers « Haute Contribution“. La part de rêve ? “Oui, on l’a tous en tête, même si le service nécessite la rapidité d’exécution, la précision et le sens de l’équilibre. Notre clientèle est très exigeante, car ce sont pratiquement tous des habitués » dit Claudine Lardy, l’une des hôtesses. Derrière le rêve se dissimule le professionnalisme.

La cabine de pilotage, constellée d’instruments comme un aéronef de science-fiction conçue dans les années 60, ne se prête pas aux épanchements, étant donné le bruit ambiant, et encore moins aux étirements. Propos express recueillis en vol auprès de Bernard Biras, 55 ans, commandant de bord sur la ligne Paris-New York, fanatique de cet avion comme il se définit lui-même : « J’ai piloté tous les types d’avions possibles et inimaginables. Mais avec Concorde, ce n’est pas pareil. On est à mi-chemin entre l’aviation conventionnelle et la navette spatiale, très agréable à piloter, même si cela réclame une autre vigilance“. “Sachez que vous êtes dans cet aéroplane comme dans une balle de fusil » lâche avec un sourire Ferdinand Marquis, mécanicien navigant. C’est dit avec toute la fierté rentrée que déploient ces aristocrates de l’aviation civile, les pilotes du seul avion de ligne supersonique. Les seuls à voler à cette altitude, les seuls à avoir un couloir réservé. « Avec Concorde, vous entrez dans un autre monde“ reprend Bernard Biras. “Celui d’une technologie sans pareille : songez que l’avion va à la même vitesse que le Mirage 2000, sauf que ce dernier, s’il nous accompagnait, s’arrêterait en plein milieu de l’Atlantique, faute de carburant« .

Indépassable Concorde ? « Non l’on ne peut pas dire ça. D’ailleurs des études sont menées. Mais je crois qu’il y aura un battement de 20 années entre le moment où cet avion cessera de voler et où son successeur prendra la relève“.

L’avion plafonne depuis deux bonnes heures à Mach 2, à une altitude de 18.000 mètres avec une assise incroyable, une stabilité et un silence quasi déroutants qui confinent à l’ascèse, et ne sont pas la moindre des surprises. Pas une secousse, même au passage du mur du son. Plus vite que la course du soleil, il efface le décalage horaire et avale votre fatigue. Dans la Stratosphère où la progression est inférieure au dixième de celle du sol, il court-circuite le jet-lag. De quoi vous éclaircir les idées avant vos rendez-vous.

Je m’étonne chaque jour de transporter des passagers avec un avion d’une telle modernité. Mais n’y voyez pas une question d’expérimentation puisque cela dure depuis plus de 15 ans. Le Concorde réussit à Air France » conclut le commandant. Léger cabrement. Atterrissage à 275 km/h, un peu plus arrondi que pour un avion de ligne normal. Freinage accentué. Au passage en douane, il n’y a aucune attente pour les passagers de Concorde. Il est juste un peu plus tôt (8h45 en hiver) que l’heure de votre départ (11h). Si New York bruine légèrement, c’est que la compagnie Air France ne vous garantit pas le temps.

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