Cap Avenir Concorde

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Jacky Ramon : ”Un aboutissement dans ma carrière“

Posted by Association Cap Avenir Concorde sur 22 août 2012

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Dernier commandant de bord qualifié sur Concorde, six mois avant l’arrêt des vols, Jacky Ramon nous fait part de sa fierté d’avoir piloté ”le plus bel avion que l’aéronautique » ait enfanté.

Comment êtes-vous devenu pilote de ligne ?

Après avoir recalé, in extremis, au concours de l’ENAC j’ai passé, avec succès, le concours de recrutement d’embauche direct (l’équivalent du concours de pilote cadet actuel, ndlr) d’Air France en 1970. J’ai volé, pour la première fois en tant que copilote, sur une Caravelle durant l’été 1972.

Sur quels appareils avez-vous piloté par la suite ?

Je n’ai eu qu’un employeur dans ma carrière, Air France. A partir de 1980, j’ai piloté sur un boeing 747 avant de passer au 737 lors de ma promotion en tant que commandant de bord en 1987. Quatre ans plus tard, je suis repassé sur un 747 avant que l’on m’offre la possibilité, en 2002, de voler sur le Concorde.

En aviez-vous fait la demande ?

Chaque année, nous avions la possibilité de formuler des vœux de changement d’avion. Compte tenu du fait que j’étais bien sur le 747/400, j’indiquais le Concorde…ou rien ! Quelle ne fut pas ma surprise lorsque l’on m’a proposé de passer sur Concorde. J’ai, du reste, hésité avant d’accepter.

Pourquoi ?

Essentiellement pour deux raisons : je craignais, d’une part, que l’ambiance à bord soit trop guindée : ayant pris l’habitude d’inviter certains passagers à découvrir le cockpit, j’avais peur que cela ne soit plus possible à bord du Concorde. Moi qui pratiquait, par ailleurs, entre 80 à 100 escales différentes sur le 747, je me disais que faire que du Paris-New York serait peut être lassant.

Et ?

Rétrospectivement, cette expérience fut, d’un point de vue strictement aéronautique, la plus belle de toute ma carrière. J’éprouve une certaine fierté à avoir participé à cette aventure industrielle et humaine extraordinaire. Ca a été un aboutissement, bien qu’inattendu.

En quoi cette aventure était-elle si extraordinaire ?

L’appareil était, dans son utilisation, assez différent des autres. Les méthodes de travail différaient aussi étant donné que c’était un avion plus compliqué et plus exigeant. Et c’est précisément cela qui rendait fier tous ceux qui travaillaient dedans. Du mécanicien, au commandant de bord, en passant par les stewards, c’étaient les meilleurs, dans leur spécialité. Je pense, du reste, que l’on ne pourra jamais plus proposer une telle qualité de services : en plus d’être qualifié, le personnel était extrêmement motivé pour travailler sur cet avion. Il était, d’autre part, d’une ponctualité, formidable. On partait, en moyenne, avec 5 minutes d’avance !

Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers vols ?

Je me souviens particulièrement de mon premier décollage de New York, en tant que stagiaire, à l’été 2002. Le Concorde n’y était pas forcément en odeur de sainteté et nous nous savions épiés par les riverains qui n’auraient pas manqué de déposer plainte à la moindre petite erreur. D’autant qu’il y avait des détecteurs de bruits partout ! Au moment où j’ai balancé les manettes en l’avant, j’ai su qu’il fallait tout faire avec précision. Je n’avais pas le droit à l’erreur. C’est la seule fois de ma vie que j’ai un peu « flotté ».

Les sensations, en vol étaient-elles différentes ?

En effet. La stabilité et le confort de vol en croisière étaient impressionnants. Vu que l’on volait très haut, il n’y avait pas de turbulences. Y compris pendant le passage du mur du son qui était complètement transparent : aucun bruit, ni vibrations. Il n’y avait aucun changement dans le cockpit.

Et le dernier vol ?

Ah, c’était très triste. Je me souviens avoir ressenti une sensation curieuse : je me disais que cet avion, avec lequel je pouvais encore faire ce que je voulais, allait bientôt rejoindre le musée de Washington. Et que je me ferais matraquer par les vigiles si je voulais le toucher. J’ai alors décidé de marquer le coup et, après avoir toutefois prévenu la tour de contrôle au préalable, de remettre les gaz à l’arrivée.

Pourquoi ?

Outre le fait que c’est avion a fasciné quantité de gens, comme en témoigne l’association Cap Avenir Concorde, je me disais qu’il avait coûtait tellement d’argent à l’état, qu’il appartenait un peu au contribuable. C’était donc une manière de faire plaisir aux quelques dizaines de milliers de personnes venus assister à l’atterrissage, l’avant-dernier du Concorde, le 30 mai 2003.

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