Cap Avenir Concorde

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2 mars, Anniversaire du premier vol Concorde

Posted by Association Cap Avenir Concorde sur 2 mars 2012

Aéroport de Toulouse-Blagnac

Premier vol du Concorde 001

L’avion de transport supersonique franco-britannique Concorde 001 a décollé pour la première fois dans l’après-midi du 2 mars 1969 à Toulouse. L’équipage comprenait :

M. André Turcat, directeur des essais en vol de Sud-Aviation, pilote

Jacques Guignard, copilote

Henri Perrier, ingénieur navigant

et Michel Retif, mécanicien navigant

Prévu initialement pour le 1er mars, ce vol avait été reporté en raison des mauvaises conditions atmosphériques. Dans la matinée du 2 mars, un épais brouillard recouvrait l’aérodrome, mais le ciel s’éclaircît en début d’après-midi, le vent restant néanmoins assez faible.

Après les dernières vérifications, les quatre réacteurs Rolls-Royce/SNECMA Olympus 593 furent mis en route et l’appareil se dirigea vers l’extrémité de la piste de 3500 mètres spécialement aménagée pour les essais ; il était 15h30.

Au moment de quitter l’aire de stationnement l’appareil pesait 113 tonnes ; il décolla à 175 nœuds après avoir roulé un peu moins de 1500 mètres. Les réacteurs ne fonctionnaient pas à plein régime, mais la réchauffe avait été allumée et Concorde 001 entama la montée avec un angle d’attaque d’environ 20°. Pendant toute la durée du vol, le nez basculant, la visière et le train d’atterrissage furent maintenus en position basse. Un ”Gloster Meteor » d’accompagnement et un ”Morane Saulnier Paris » équipé pour la photographie escortaient l’appareil.

Concorde 001 a effectué un premier vol de 28 minutes dans l’après-midi du 2 mars 1969.

Après avoir atteint 10.000 pieds d’altitude et la vitesse maximale de 250 nœuds, l’appareil fut soumis à une série de manœuvres en lacet et en roulis à diverses vitesses jusqu’à 160 nœuds. La trajectoire de vol était contrôlée par deux centrales de navigation à inertie SAGEM-Ferranti SF500-AE51 et tout trafic aérien avait été interdit dans la région. Après un circuit vers la gauche, l’équipage procéda aux essais de l’automanette, puis présenta l’avion dans l’axe de la piste à la vitesse de 180 nœuds en utilisant l’automanette. L’appareil se posa en douceur à 170 nœuds et, grâce à son parachute de freinage s’immobilisa après un roulement de 2000 mètres environ. Son poids à l’atterrissage était de l’ordre de 99 tonnes. Une approche simulée et une remise des gaz avaient été prévues dans le plan de vol, mais le vent devenant plus fort, André Turcat décida d’atterrir tout de suite. Le nez fut relevé en position intermédiaire pendant le roulage vers l’aérogare

A la conférence de presse qui suivit, André Turcat déclara : “Vous voyez que la machine vole, et je peux ajouter qu’elle vole bien”. Il souligna également que grâce à un entraînement intensif, près de mille heures sur simulateur et de nombreuses répétitions sur Mirage IV et Boeing 707, il savait ce qui l’attendait.*

Après le vol, l’appareil a roulé au sol avec le nez basculant partiellement relevé.

Comme André Turcat l’a fait remarquer à la conférence de presse, ce premier vol n’est pas un accomplissement, mais le point de départ de l’un des programmes d’essais en vol les plus complets qui aient jamais été entrepris. Sept appareils (les deux prototypes, deux avions de présérie et les trois exemplaires de série) participeront à ce programme qui durera 4 ans et demandera plus de 4000 heures de vol. Dans les deux semaines qui ont suivi le premier vol, Concorde 001 a effectué trois autres vols. Lors de la deuxième sortie, le train d’atterrissage a été rentré et le nez basculant relevé en position intermédiaire (5° au-dessous de l’horizontale).

 Article INTERAVIA – Avril 1969 (15h30 – 2 mars 1969)
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Le premier vol de Concorde ! Par Jacques Gambu

Il vole ! Pour la première fois, ce dimanche 2 mars 1969, sur l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le premier prototype du BAC-Sud Aviation “Concorde” prend possession de son élément. Le décollage fut franc et cette grande première souleva l’enthousiasme des milliers de spectateurs.

André Turcat : ”La machine vole bien“.

Les ingénieurs et les ouvriers avaient attendu de nombreuses années, les journalistes pouvaient attendre quelques jours. Du 28 février au 2 mars 1969, un suspense s’établit à Toulouse, ponctué par des conférences de presse venant entretenir la patience des quelques 500 journalistes, photographes, cinéastes, chroniqueurs venus pour assister à l’évènement. On devait compter, en fait, des milliers de spectateurs supplémentaires maintenus péniblement en dehors des limites du terrain par un cordon de mille gendarmes et policiers.

L’avion était prêt. Le beau temps n’était pas au rendez-vous. Il se fit attendre trois jours. Au matin du 2 mars, un brouillard épais recouvrait l’aéroport et la région toulousaine. Les voiles se déchirèrent à l’heure du déjeuner, sous l’action du vent d’Autan. Le brouillard évanoui, on craignit le vent !.

“Concorde » devant nécessairement décoller vers le nord-ouest, soit dos à la ville de Toulouse et face à la barrière d’arrêt, ce maudit vent arrière ne pouvait dépasser 8 nœuds sans provoquer l’annulation de l’essai. En fait, André Turcat décollera l’avion sous un vent de 10 nœuds.

A bord depuis longtemps, André Turcat, pilote, flanqué de Jacques Guignard, co-pilote, se trouvait à l’avant. Dans la cabine transformée en salle électronique bourrée de calculateurs, enregistreurs et autres boîtes noires, on avait trouvé la place pour Henri Perrier, ingénieurs d’essais navigant et Michel Rétif, mécanicien d’essais navigant.

L’avion pesait 113,5 tonnes à la mise en route. Il n’afficha plus que 110 tonnes à 15h40, lorsque ses roues quittèrent le sol en un décollage franc comme l’or. L’essor n’avait demandé que 1500 des 3500 mètres de la piste et le tout s’était passé en 23 secondes. Parvenu à 325 km/h, l’appareil se cabra de 10° et s’élança.

Le vol dura 28 minutes et Concorde, pour sa première sortie, atteignit une altitude maximale de 2800 mètres. Sa vitesse oscilla entre 315 et 540 km/h, l’équipage voulant expérimenter les qualités de vol aux basses vitesses et préfigurer en vol les conditions d’atterrissage. André Turcat alla même jusqu’à réduire à fond un des quatre réacteurs. A aucun moment du vol, l’avion ne fut perdu de vue des journalistes installés sur une estrade astucieusement disposée en hauteur et à proximité de la piste d’envol.

L’atterrissage eut lieu à 16h08 et l’avion pesait alors 98,5 tonnes, soit le poids auquel se présentera, dans quelques années, un Concorde venant de New York et se posant à Paris. En tout, 15 tonnes de combustible avaient été consommées dans cette demi-heure.

Concorde fut suivi constamment par l’avion d’accompagnement, un “Meteor” du CEV piloté par le commandant Gilbert Defer et par l’avion emportant les cameramen de la télévision, un ”MS 760 Paris II”, piloté par Jean Dabos.

Ce vol mémorable fut suivi par des milliers d’yeux. Sur les terrains de sports survolés, de près ou de loin, les arbitres interrompirent les matchs en cours, mais André Turcat et son équipage ne purent entendre les applaudissements des spectateurs. A sa descente d’avion, André Turcat déclara simplement : “la machine vole bien….”.

Cette première n’est qu’un début. Il y aura encore des milliers de représentations dans le grand décor du ciel qui s’étendra progressivement de la côte nord du Portugal à la côte sud anglaise. Si 28 minutes ont déjà été mangées, par le premier vol, c’est près de 4500 heures de vol qui seront nécessaires avant d’atteindre à la certification.

Terminons en soulignant l’excellente organisation de ce premier vol public et en remerciant Sud Aviation et son service des Relations Extérieures dont l’efficacité fut parfaite.

(Aviation Magazine – Articles du 15 mars 1969)
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Un article d’Air et Cosmos, du 8 mars 1969
Air & Cosmos 08 03 1969 Spécial Premier Vol Concorde.

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