Cap Avenir Concorde

Site officiel de l'Association – www.capavenirconcorde.com

  • Calendrier

    juillet 2011
    L M M J V S D
    « Juin   Août »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • Statistiques

    • 77,034 Visites

Jean PINET

Posted by Association Cap Avenir Concorde sur 3 juillet 2011

Des Hommes et des Ailes

 Jean Pinet ! Homme des responsabilités

 

Dans son vaste bureau de patron du Centre Aéroformation à Toulouse, Jean Pinet semble à son aise  décontracté et accueillant. Malgré ses lourdes tâches, il ne se laisse pas déborder car il a l’habitude des responsabilités. Né en 1929, passé par les Arts et Métiers, Sup’Aéro et l’Armée de l’Air, comme pilote de chasse, il rejoint le CEV en 1956, comme ingénieur d’essais d’abord, comme pilote d’essais ensuite, par obstination.

Spécialiste des engins, il est détaché en Allemagne pour mettre au point l’adaptation d’engins français sur avions d’arme allemands et pour créer et diriger un groupe d’essais d’armements à Mauching jusqu’en 1965. Il entre alors à Sud-Aviation, au titre du programme Concorde, étant plus spécialement chargé de la certification des qualités de vol et des essais sur simulateurs et avions.

Il occupera la place de premier pilote, en compagnie d’André Turcat, commandant de bord, pour le premier vol à Mach 1 (1er octobre 1969). Tout en restant pilote d’essais sur Concorde et Airbus, il est choisi par Airbus Industrie pour organiser et diriger le centre d’instruction Airbus, qui deviendra par la suite Aéroformation.

En ayant fait un centre modèle dans le monde, appliquant les techniques les plus sophistiquées, il en est l’administrateur gérant depuis 1972. Il est connu des équipages des compagnies du monde entier passés par Aéroformation à un rythme ayant atteint 2 400 stagiaires en 1984.

Tous apprécient sa courtoisie, son savoir et son organisation de très haut niveau, sa petite moustache et son élégante calvitie. Vice-Président de l’Académie Nationale de l’Air et de l’Espace, il a le profil la personnalité et le bagage requis pour ce poste.

Texte Jacques Noetinger

Air & Cosmos n° 1069 du 9 novembre 1985

Jean Pinet, un « thésard » qui a piloté Concorde./ Photo DDM, Didier Pouydebat

PUBLIÉ LE 02/07/2011 09:31 | DOMINIQUE DELPIROUX

Du Concorde à la thèse

Il fut l’un des premiers à piloter le Concorde et le premier à lui faire franchir le mur du son ! Mais jeudi, à 82 ans, Jean Pinet subissait une nouvelle épreuve : il soutenait une thèse de doctorat en psychologie…

«Ah, le Concorde ! » Jean Pinet réprime un petit rire. Admiration ? Nostalgie ? Vertige ? André Turcat lui avait demandé de rejoindre l’équipe des essais en vol. Jean Pinet retrouvait ainsi Toulouse, sa ville natale. Le 30 mars 1969, il prend pour la première fois les commandes de l’oiseau blanc : « C’est difficile de parler de cet avion extraordinaire… C’est le meilleur appareil que j’ai jamais piloté de ma vie ! »

Il sait de quoi il parle ! Né en 1929, il décroche le diplôme d’ingénieur des arts et métiers, intègre Sup’Aero, devient pilote de chasse militaire en 1954, puis pilote d’essais en 1958 : Mystère et Mirage n’ont pas de secrets pour lui.

« En tout j’ai volé sur une centaine d’avions ! Mais le Concorde, c’était le plus précis, le plus rapide… J’ai été le premier à franchir le mur du son avec lui, mais j’ai aussi atteint Mach 2,21 avec cet appareil, soit environ 2300 km/heure… »

Qu’a-t-il ressenti lorsqu’il a franchi ce mythique mur du son ? « Une jubilation ! Car l’avion se comportait exactement comme prévu ! Pas la moindre surprise, au contraire, tout s’est passé avec une certaine facilité, dans les meilleures conditions prévues… »

Alors, n’a-t-il pas ressenti un pincement au cœur, lorsque Concorde a terminé sa carrière ?

« C’était un avion qui avait plus de 20 ans : c’est bien, pour un appareil de ce genre. Ce qui m’a chagriné, c’est que le Concorde a été fabriqué en très peu d’exemplaires, et il n’a donc pas pu évoluer, comme les autres avions subsoniques. Il est toujours resté dans sa configuration d’origine, avec des équipements analogiques. Il n’a pas pu bénéficier de l’électronique et de l’informatique embarquée telles qu’elles existent sur les avions modernes… Il y a eu un accident, mais tous les avions ont des accidents. »

Mention « très honorable »

C’est donc un bien étrange étudiant que l’on a retrouvé, jeudi dernier, dans la solennelle salle des actes de l’Université de Toulouse, face au jury.

Jean Pinet, 82 ans, blaser clair, regard bleu sombre, cravate rayée bordeaux, voix ferme et PowerPoint au bout des doigts, présentait sa thèse en psychologie et ergonomie : « Traitement de situations inattendues d’extrême urgence en vol : test d’un modèle cognitif auprès de pilotes experts. »

La voix est ferme, le discours « clair et fort », et le thésard reste debout pendant toute l’heure de son exposé. Et c’est tout simplement passionnant !

C’est un voyage dans le temps, mais dans un temps très court ! Les quelques secondes cruciales pendant lesquelles un pilote va percevoir l’incident, le diagnostiquer, prendre une décision, entreprendre une action… Que se passe-t-il alors à ce moment-là dans le cerveau ? Pourquoi et comment des erreurs sont-elles commises ?

Avec ses « cinquante années d’expériences », mais aussi au bout d’un long travail universitaire et scientifique, Jean Pinet entrevoit des réponses. Ainsi, notre mémoire à court terme a parfois des ratés. Et puis, se focaliser sur un phénomène produit parfois un « effet tunnel » qui empêche de saisir l’intégralité de l’environnement… « Il a été reçu avec mention « très honorable », explique son directeur de thèse, le Pr Claude Navarro. Pour moi, c’était une expérience très originale : d’habitude, je travaille avec des étudiants qui ont beaucoup de théorie et très peu de vécu… Là, je suivais quelqu’un qui a cinquante ans de pratique derrière lui, et qui a brillamment greffé son analyse psychologique sur cette expérience. »

Ce qui est sûr, c’est que l’enthousiasme et l’énergie de Jean Pinet sont bien celles d’un tout jeune homme !

Jean Pinet, au centre, entre Henri-Gilles FOURNIER, à sa gauche, et Michel Rétif.

Publicités

Sorry, the comment form is closed at this time.

 
%d blogueurs aiment cette page :