Cap Avenir Concorde

Site officiel de l'Association – www.capavenirconcorde.com

  • Calendrier

    août 2009
    L M M J V S D
        Jan »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Statistiques

    • 77,034 Visites

1969-2009, 40 ans de Concorde – Chronique Pierre Sparaco

Posted by Association Cap Avenir Concorde sur 11 août 2009

Nous remercions chaleureusement Monsieur Pierre Sparaco, de nous autoriser à publier sa rubrique datée du 2 mars et qui résume de fort belle manière cette exceptionnelle journée, que Cap Avenir Concorde a eu l’honneur d’organiser…

——————————————

Illus_ChroniqueSparaco_40AnsConcorde

La vitesse, c’est dépassé – 02-03-2009

Grand messe à Toulouse: Concorde a 40 ans.

Concorde est là, sur le parking de Toulouse-Blagnac, brillant comme un sous neuf, entre un 737 orange mauvais goût et un modeste CRJ de Lufthansa CityLine. Pour peu, on attendrait l’annonce de l’embarquement des passagers du vol AF 002 pour New York et l’on se met à rêver. La réalité est tout autre : il s’agit de l’avion 101, le Foxtrot Charlie propriété d’Airbus France. Il attend vainement la construction du musée Aéroscopia pour bénéficier d’un cadre digne de son prestigieux passé.

Ce Concorde a été conduit avec respect au pied de l’ancienne aérogare de l’aéroport toulousain pour illustrer symboliquement la célébration d’un anniversaire. Il y a 40 ans exactement, le 2 mars 1969, le supersonique franco-anglais a effectué ici son premier vol. Un événement considérable.

La foule des admirateurs, des enthousiastes, se presse à Blagnac. Ils ont l’occasion rare, très rare, d’approcher, d’écouter, d’interroger la plupart des hommes qui ont écrit cette page glorieuse. Ils sont là, sympathiques, souriants, humbles, un peu fatigués par l’outrage des ans, André Turcat, Jean Pinet, Michel Rétif, Henri Perrier. Et quelques-uns des ingénieurs de talent, en avance sur leur temps, qui ont conçu le plus bel avion civil de tous les temps. Beaucoup ne sont plus de ce monde, à commencer par Lucien Servanty et Gilbert Cormery. D’autres sont venus, bon pied bon oeil, prêts à expliquer, à dialoguer, à justifier, par exemple Jean Rech, Gilbert Corrégé et Dudley Collard.

Ils ne sont pas les seuls. Cap Avenir Concorde et leurs amis sont fort heureusement allés au-delà de ce premier cercle. D’où, notamment, la participation d’hommes et femmes de la maintenance d’Air France dont les témoignages ont suscité une grande émotion. La sympathique Alexandra Joliet, technicienne venue de l’Aéronautique navale, échouée dans un monde très masculin, s’est attachée au bel oiseau blanc avec une force et une sincérité qu’elle a restituées, presque malgré elle, à un moment au bord des larmes. Elle l’aimait d’amour, son avion, et on devine qu’il occupe ses rêves, qu’elle y pense encore et toujours, qu’elle ne l’oubliera jamais.

Elle ne voulait pas se confier ainsi, en public, elle de nature réservée. Elle n’avait pas l’intention de se laisser aller à de telles confidences, pas plus que Jean-Michel Rougier, fier de 27 années consacrées à la maintenance Concorde ou encore son jeune collègue Dominique Taillet, dont la carrière n’a croisé le supersonique que quelques mois et qui en parle aujourd’hui avec une sensibilité à fleur de peau.

Un homme aux tempes grises se lève. Non, il ne souhaite pas poser une question, il veut plus simplement dire à quel point il apprécie la présence de ces travailleurs de l’ombre. Et, le plus simplement du monde, cet ancien pilote de Concorde leur adresse un seul mot : «merci».

Cette grand-messe est un moment rare comme l’aviation d’aujourd’hui ne nous en gratifie plus. Il est aussi le lieu choisi pour se laisser aller à quelques confidences, à de brèves révélations, voire à un aveu discret. Ainsi, Jean Rech nous ôte d’un doute ancien, lourd à porter : au moment du lancement de Concorde, en novembre 1962, «l’objectif visé était très au-delà du savoir-faire des ingénieurs». Il était donc bel et bien tangeant dans ses ambitions, terme utilisé fréquemment, à cette époque, au sein du bureau d’études de Sud-Aviation

C’est précisément pour cela qu’il a repoussé les limites. C’était à une autre époque, celle de la volonté d’aller de l’avant tout simplement parce que c’était dans la pure logique de la voie de progrès suivie par l’aéronautique. Ce fut aussi la part de rêve des Européens en même temps qu’une formidable démonstration d’audace. Une démonstration spectaculaire, bienvenue, utile dont on se dit, aujourd’hui, qu’elle nous était tout simplement indispensable. Et, faut-il le dire, elle ne serait absolument plus possible de nos jours.

Le reste n’est que littérature. Reste à poser à tout hasard l’inévitable, l’incontournable question qui nous taraude tous : un jour, assisterons-nous au premier vol d’un supersonique de nouvelle génération. C’est Philippe Jarry, l’un des maîtres à penser d’Airbus en matière d’avions de l’avenir, qui a trouvé le courage de répondre. Avec beaucoup regret, il a dit l’évidence : la vitesse, c’est dépassé. Hélas !

Pierre Sparaco – Aeromorning

Publicités

Sorry, the comment form is closed at this time.

 
%d blogueurs aiment cette page :